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Fausse-déclaration, là où la vraie mafia du Kévazingo a commencé

GANAL – Libreville, Par THIMOTHEE ESSOKA MBARGA. Avec l’affaire du Kévazingo, des pratiques mafieuses se révèlent au grand jour. Comment les industriels et les hauts fonctionnaires de l’administration se font-ils du beurre avec du kévazingo ? La mafia, la vraie se ficèle dans les chantiers d’abattage du kévazingo et les autres essences précieuses, confie à Gabon Analytics petit exploitant ayant retrouvé une fibre patriotique. Même anciens hauts dignitaires insinuent que des manquements peuvent constatés en ville (Doute des industriels, le Premier Ministre et les « frères » Laccruche Alihanga accusés)

En effet, le kévazingo est au secteur forestier ce que le diamant et l’or sont à l’exploitation minière. Des essences précieuses. « Personne ne peut trouver du diamant ou de l’or, et le laisser trainer en forêt et revenir quelques mois après crier au vol. Quand j’ai entendu parler de kévazingo en déshérence, je me suis dit, ces forestiers sont fous. Car Il faut être fou pour couper du kévazingo et le laisser trainer en forêt », explique notre responsable d’une PME forestière, ancien abatteur professionnel.

La ruse de la mafia, faire vieillir la grume en foret

La ruse des forestiers, explique-t-il, et même de leur complice actionnaires des compagnies, souvent hommes d’Etat, ou de certains responsables véreux des Eaux et Forêts, a consisté à couper du kévazingo et des essences précieuses, et les laisser quelques semaines ou mois en forêt. Le temps que la grume prenne un coup de vieux, surtout en saison des pluies car roulée dans de la boue.

Ensuite, ces billes sont déclarées à l’administration des Eaux et forêts comme grumes un rébus, c’est-à-dire qu’elles ont perdu de la valeur. Le bois ainsi sous-facturé sur les documents officiels et comptable est racheté par des PME écrans réelles ou fictives, remorqué ou évacué pour découpe grossière et empotage.

Réduire les taxes de l’État et se mettre plein les poches

Par le jeu de la sous-évaluation de la valeur du kévazingo ou du padouk abandonné, les taxes et redevances perçues par l’État sont inférieures à la valeur du marché. A souligner qu’avec des budgets autour de 180 000 francs par an, les cantonnements des Eaux et forets ne peuvent faire des contrôles judicieux, des contrôles inopinés.

Les différentes parties impliquées dans cette mafia de la sous-facturation des essences forestières, se partagent ainsi la plus-value. Un business bien huilé et qui a si bien marché. Car il faut le redire, personne n’est fou pour laisser en déshérence des billes de kévazingo moisir dans la forêt. Il ne faut s’étonner de voir trainer des billes abandonnées sur les chantiers.  

 

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