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Manganga Moussavou et Mapangou, la disgrâce pour avoir écrit des mots

GANAL – Libreville, CYPRIEN BOKHANI. Ce sont des mots et des phrases écrites dans l’intimité de leurs cabinets, tantôt avec la caution des quelques intimes, et rendus publics qui les condamnent à la disgrâce. Des mots que les deux déchus ont pensé écrire quand ils ont senti l’étau se renfermer sur eux. Car après concertation, avec les ministres en charge des Forêts, celui de la Justice, (notre photo) et surtout la position du Palais, l’éloignement du Premier ministre Julien Nkoghe Békale pour le ministre d’État Mapangou, et, le silence des collaborateurs immédiats du chef de l’Etat annonçaient que, comme une bourrasque, cette affaire de Kévazingo allait les emporter.

Le premier a sentir le mauvais vent c’est Guy-Bertrand Mapangou. Lors de la concertation de la dernière chance (notre photo), mal à l’aise et transpirant malgré le climatiseur, il pressentait qu’un décret présidentiel de destitution allait être pris. Il a voulu clamer son innocence et attirer l’attention du chef de l’Etat par des mots et des phrases. Même chose pour Pierre-Claver Manganga Moussavou qui a clamé son innocence, et réaffirmé sa loyauté à servir le chef de L’État. Des mots de trop, des écrits publics « insupportables » après le séminaire de cohésion gouvernementale au Cap Estérias.

Hier 21 mai 2019, en effet, par décret présidentiel lu à la télévision par le Secrétaire général de la Présidence de la République, Jean-Yves Teale, le Vice-président Pierre-Claver Manganga Moussavou et le ministre d’Etat, ministre en charge des Eaux et Forêts Guy-Bertrand Mapangou ont été limogés hier, en fin d’après-midi. La communication de Jean-Yves Teale ne donne aucune raison à ce licenciement sec.

Toujours est-il que les choses vont s’accélérer avec la publication par Ike Ngouoni, Porte-parole de la Présidence de la République d’un communiqué de presse le 13 mai 2019. Ledit communiqué fait allusion à l’existence depuis le 30 avril 2019,  d’une affaire de distraction de 353 conteneurs de Kévazingo, qu’aurait scellé la Justice. Déclaration qui fait suite à un conférence de presse du Procureur de la République, près du Tribunal de première Instance de Libreville annonçant la disparition de 353 conteneurs.

Très vite le nom de Pierre Manganga Moussavou va circuler sur les réseaux sociaux. Comme quoi il aurait signé le document autorisant cette opération mafieuse. Le cabinet du vice-président Manganga Moussavou qui ne tolère pas ces insinuations, passe à l’offensive. Après avoir administré un cours de procédures d’habilitation à signer un document au nom du Président de la République, les membres du cabinet vice-président, sont tranchants : «le Vice-président de la République ne signe que les dossiers qui lui sont soumis par les membres du cabinet présidentiel instruits du dossier ». Et d’ajouter « le Vice-président qui ne s’est jamais senti concerné par cette affaire car nullement informé de la saisine de ces 353 conteneurs au port, reste serein et silencieux. Tout en attendant vivement que les auteurs de cette imposture soient sanctionnés avec la plus grande sévérité ».

Lui emboitant le pas, Guy-Bertrand Mapangou ne va pas non plus laisser insinuer qu’il serait le commanditaire de vol de conteneurs. Son communiqué est clair, il ne touche qu’à l’argent que lui autorise la loi (salaires, primes, etc.). Pas à l’argent du Kévazingo. De plus, il s’est désolidarise du Porte-parole du gouvernement et du Premier ministre en indiquant que les 12 fonctionnaires suspendus sont des innocents exhibés trophées de Justice ; que les vrais commanditaires sont tapis dans l’ombre. A qui faisait-il allusion ?

Les deux hommes ont été licenciés pour avoir affirmé leur innocence, demandant que les vrais auteurs soient châtiés. Ils ne donnent pas plus d’indices à l’opinion. Une chose est sûre, la disgrâce de ces deux grands commis de l’Etat annonce l’ouverture des hostilités à venir dans la galaxie du pouvoir et du clan politique des Bongo.    

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