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Le Londonien Curtis MABIKA détonne : « Pour le coup fatal à Ali Bongo et son régime, notre présence au Gabon est indispensable »

GANAL – INTERVIEW Partie II – Depuis TUNBRIDGE WELLS (Grande Bretagne), PAR TANGUY OTOUNGA.

FRANC-PARLER SUR SAMEDI POLITIQUE DE GABON ANALYTICS. Originaire de la NGOUNIE et de l’OGOOUE-IVINDO, Curtis Mabika est un Gabonais originaire de la Ngounié et de l’Ogooué Ivindo. Il est  informaticien de formation et homme politique virulent, il travaille comme intégrateur web pour le compte de Tunbridge Wells Council. Tunbridge Wells est une petite ville située à 1 h 30 de Londres en train.
Homme politique de l’opposition radicale, Curtis MABIKA n’a pas la langue dans sa poche. Dans cette interview, il désosse le régime des BONGO et le pouvoir en place. Curtis MABIKA annonce l’arrivée des Forces de l’Ogooué au Gabon, il parle des projets pour les régions dont une radio communautaire à Mékambo.

GANAL : Quelles analyses faites-vous de la situation politique actuelle du Gabon ?

CURTIS MABIKA : Avec l’accession d’Omar Bongo au pouvoir en 1967 et l’instauration du parti unique, le Gabon a entamé une chute vertigineuse vers un chao généralisé. Omar BONGO laisse un pays totalement ruiné qui tourne au ralenti sur tous les plans avec une sorte de « République monarchique » dont la Constitution, débarrassée des acquis démocratiques de la Conférence Nationale de 1990, a facilité la transmission du pouvoir de père en fils.

Arrivé au pouvoir en 2009 suite à un simulacre d’élection, Ali Bongo va venir parachever l’œuvre de pillage du Gabon entamée par son père. Ainsi, depuis 2009, les Gabonais, stupéfaits, assistent à une continuité dynastique tant sur le plan de l’idéologie dictatoriale qu’au niveau de la confiscation du pouvoir politique par une seule famille et un seul parti politique.

Curtis MABIKA, lors du dépôt de l’acte de Naissance d’Ali BONGO ONDIMBA, à Nantes en 2016

Devenu un hyper-président pire encore que son père dans la gestion de la chose publique, Ali Bongo se distingue par une brutalité sans précédent dans sa manière de gouverner. Le bombardement du quartier général de Jean Ping suite à l’élection présidentielle de 2016 en est la parfaite illustration.

Notre pays n’a ainsi connu que des élections contestées et antidémocratiques, soulevant à chaque fois un problème de légitimité des autorités qui nous gouvernent, plongeant le peuple dans une crise de confiance aiguë vis-à-vis de ses institutions et, partant, de ses dirigeants, et maintenu le pays au bord de l’implosion sociale et politique.

Dans la pratique, le pouvoir en place confisque tous les mécanismes qui puissent permettre une gestion économique optimale du pays et rend opaque la gestion des recettes, dépenses et investissements publics. Ceci a abouti à un système propagandiste où des promesses sont faites en cascades, mais jamais tenues ni suivies d’effet. De nombreux projets sont lancés, mais rarement terminés.

Vous parlez du régime comme un épouvantail de confiscation des libertés politiques et individuelles. Pourtant, il y au eu le Dialogue politique qui a été organisé ?

CURTIS MABIKA : Le dialogue politique, initié par les tenants du pouvoir suite à la crise postélectorale de 2016, fut un véritable flop. Un échec causé, non seulement, par le refus d’une bonne partie de l’opposition d’y prendre part, mais aussi et surtout, à cause de la mauvaise foi du clan au pouvoir. Un clan qui semblait, tout au long de ces assises, plus préoccupé par la survie politique de son régime que par le désir de mettre un terme à la crise grâce à la mise  en place d’institutions démocratiques crédibles, seule garantie pour sortir définitivement le pays du creux de la vague.

En somme que retenir de la situation économique et politique ?

Lors d’un meeting au Nord du Gabon

CURTIS MABIKA : Ma réponse découle du constat suivant. Depuis octobre 2018, tout le cinéma, autour de l’état de santé d’Ali Bongo, auquel assiste un peuple médusé, ainsi que l’entame d’une période de convalescence à durée indéterminé qui éloigne chaque jour un peu plus Ali Bongo d’un possible retour au pays, ne sont pas de nature à rassurer les gabonais. La modification constitutionnelle arbitraire, visant à consolider les lubies dictatoriales d’Ali Bongo et son régime, à laquelle nous avons assisté dernièrement doit faire prendre conscience aux gabonais de la fiction démocratique que nous vivons dans notre pays.

Le coup d’Etat manqué dont le but était de « de restituer sa dignité au peuple gabonais », n’est que l’expression d’un ras le bol généralisé d’une population asphyxiée et qui pourrait à tout moment se soulever afin de recouvrer une dignité longtemps piétinée par les Bongo.

En résumé, la situation d’instabilité chronique et permanente dans lequel se trouve notre pays depuis l’accession au pouvoir du clan des Bongo ONDIMBA fait partie des principales causes de la désarticulation de notre économie et donc de l’état de sous-développement dans lequel se trouve le Gabon.

 Quel doit être le rôle de l’opposition dans un tel contexte ?

CURTIS MABIKA : Dans un environnement aussi chaotique, l’opposition qui devrait se positionner comme une alternative, face à régime des Bongo incompétent et désavoué par le peuple, s’est vu infectée, depuis la mort d’Omar Bongo, par « les oubliés de l’émergence »: d’anciens barrons du régime n’ayant pu conserver leurs privilèges sous le fils. Une situation qui crée visiblement la confusion dans l’esprit d’un peuple qui n’a plus de choix qu’entre ses bourreaux d’hier et ses bourreaux d’aujourd’hui.

Avec le Dr MENGARA, lors d’un point de presse à Paris

C’est d’ailleurs cette situation qui m’a emmené, avec des amis de la diaspora, à mettre en place Les  Forces de l’Ogooué (FDO), un mouvement politique dont l’objectif est de jouer un rôle majeur  dans le cadre de la lutte pour la libération du Gabon du joug dictatorial qui freine son développement depuis 1967. 

 

 Qu’avez-vous concrètement fait pour Mékambo afin qu’on puisse croire que vous puissiez être porteur de développement ?

CURTIS MABIKA : Je reste ainsi proche des miens et je demeure lié à ma culture avec laquelle je ne suis, finalement, que physiquement séparé. Le désir de matérialiser cette proximité, tout en étant utile à la communauté, qui m’a emmené à mettre en place, depuis l’étranger, un certain nombre de plateformes valorisant, sur internet, la culture Kota :

En 2007 j’ai créé une chaine youtube  qui a diffusé, pour la première fois sur internet, des vidéos montrant la cérémonie de circoncision chez les kota. Avec près de 2000 abonnés, c’est aujourd’hui une chaine de référence en matière de musique Kota.

En octobre 2013 j’ai initié « Metandou Mia Mekambo » (MMM), la 1ère et plus grande plateforme sur les réseaux sociaux dédiée aux ressortissants de l’Ogooué Ivindo. Métandou Mia Mékambo est aujourd’hui un groupe de communication avec un site internet et un Magazine qui parait périodiquement. Le 11 Mars 2016 avec MMM j’ai organisé et financé un débat politique public, inédit, entre les jeunes du département de la Zadié, tous bords politiques confondus. C’est également avec MMM que j’ai offert aux jeunes, sur fond propre, en juin 2018 un Mega concert public et gratuit à Mékambo (groupe Puissance Six)

Quand nous préparions cette interview, vous parliez des projets que vous nourrissez pour la région de Mékambo. Notamment, la création d’une radio communautaire ?

 CURTIS MABIKA : Tout est parti d’un constat. En 2011, accompagné de feu Honorable Zéphyrin Ndékabognedje j’ai fait, pour la première fois, le tour du département de la Zadié. C’est au cours de ce voyage  que j’ai pu toucher du doigt la misère dans laquelle croupissent les populations de cette partie du Gabon plus ou moins enclavée. J’ai décidé, à mon retour en Europe, d’entreprendre certaines actions dont la recherche, en Grande Bretagne, d’une ville susceptible d’accepter un programme de jumelage avec la ville de Mékambo. Ce projet, bien ficelé, étant toujours d’actualité, j’ose compter sur l’appui des autorités municipales, fraichement élues, pour faire évoluer les choses.

Le débat que nous avions organisé en mars 2016, nous a permis de nous rentre compte de la soif qu’avait les jeunes Mékambois, Ogivins en général, de faire entendre leurs voix sur des sujets en rapport avec le développement de leur localité. Une soif de s’exprimer qui ne traverse que rarement les débats inaudibles des quartiers. Il est donc nécessaire de mettre en place des cadres qui permettraient aux populations de s’exprimer et d’être entendus au-delà des quartiers et des villages.

C’est ainsi qu’avec la plateforme Métandou Mia Mékambo, j’ai le projet de création d’une radio communautaire dédié au département de la Zadié. Certaines personnalités, aussi bien, au Gabon qu’à l’étranger ont déjà été contactées à ce sujet, nous continuons de travailler dessus tout en espérant que ce media verra le jour tout prochainement.

Nous avons un chapelet de projets pour Mékambo, aussi bien à titre personnel que dans le cadre de MMM, que nous nous gardons de révéler pour l’instant. Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’être aux affaires ou encore d’avoir des ambitions politiques pour apporter sa pierre au développement de notre localité. Chacun, avec ses moyens, aussi maigres soient-ils, et ses compétences, peut agir à son niveau et où qu’il soit.

Vous avez justement récemment séjourné à Mékambo, à l’arrière-pays du Gabon. Pensez-vous, quand vous avez eu cette ville sous-développée, qu’un développement des régions reculées du Gabon est-il possible ? Si oui, que faire et avec quels moyens ?

 CURTIS MABIKA : J’ai effectivement séjourné à Mékambo au mois de juillet 2018. J’y suis allé dans le cadre de l’anniversaire de la plateforme Métandou Mia Mékambo qui célébrait ses 5 années d’existence. Le concert en plein air qui a été organisé à cet effet a connu un franc succès. À en croire l’immense foule qui avait effectué le déplacement.

En marge de ce concert, je m’étais entretenu avec la Ministre Edwige BETHA qui m’indiquait qu’il était important, pour faire vivre la ville, que ce type de manifestation soit régulièrement organisé à Mékambo.

Ces paroles de Madame la Ministre et l’engouement qu’avait suscité le concert auprès des jeunes ont mis en évidence, à mon entendement, le manque criard de structures permettant aux jeunes de se divertir sainement dans leur temps libre.

D’où la nécessité de Créer des activités de loisirs  à savoir le sport, les concerts, les visites de sites touristiques. Cela éviterait à la jeunesse de se livrer à des activités nuisibles pour leur santé physique, mentale et émotionnelle  comme les drogues, les braquages et autres.

A Mékambo, j’ai également touché du doigt les conditions de misère dans lesquelles vivent les populations. C’est certainement à cause de ces conditions difficiles que j’ai eu du mal à croiser un ami d’enfance dans la ville: la plupart s’étant installé dans les grandes villes du pays ou à l’étranger. L’exode rural est en effet l’un des fléaux qui frappent nos villes de l’intérieur du pays.

Comment développer l’arrière pays avec des campagnes qui se vident des d’hommes, la force du travail ?

 CURTIS MABIKA : L’exode rural a cette particularité d’être en même temps l’une des causes et l’une des conséquences du sous-développement de ces localités du Gabon profond. Nous pensons qu’aucun développement ne saurait être envisagé sans ressources humaines. Une localité qui se vide de ses enfants ne saurait prétendre au développement.  D’où l’impératif nécessité de rendre l’arrière-pays plus attractifs dans le but de limiter cet exode et encourager le retour de nos fils qui sont allés en ville à la recherche de meilleures conditions de vie. Pour atteindre cet idéal nous pensons qu’un changement total du mode de gouvernance actuel, qui entrainerait des bouleversements radicaux au niveau même de nos institutions, est indispensable.

Mékambo est à l’image des autres chefs-lieux de département du Gabon. Ce sont des zones plus ou moins enclavées au sein desquelles les populations n’ont besoin d’aucune autre forme de développement que l’amélioration de leurs conditions de vie. Cela passe tout d’abord par la construction, par l’Etat, d’un réseau routier performant qui permettrait de désenclaver ces zones et faciliterait les échanges économiques entre ces parties du Gabon et les grandes agglomérations du pays.

(Cliquez ici pour aussi lire une autre interview de Curtis MABIKA  sur ses propositions afin que la Diaspora gabonaise d’Europe contribue au développement du pays)

 

Vos positions tranchées sur les autorités gabonaises sont connues. Comment pensez-vous que vous pouvez contribuer à l’avènement d’une démocratie véritable en restant à Londres ?

CURTIS MABIKA : Je voudrais d’abord souligner, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, que plus de la moitié de la classe politique gabonaise actuelle est issue de la diaspora. De même, parmi les partis politiques présents sur l’échiquier politique national, il existe des formations politiques qui ont vu le jour dans la diaspora. Etre hors du pays n’est donc pas si handicapant que cela.

Je souhaiterais  également vous faire savoir qu’après un règne sans partage de plus d’un demi-siècle sur le Gabon, le régime des Bongo n’a, malgré les nombreuses occasions qui se sont présentées, pu faire de notre pays un véritable Etat démocratique.

Nous pensons par conséquent que l’avènement de la démocratie au Gabon ne saurait se faire avec un Bongo à la tête du pays. Il est donc important, à nos yeux, de commencer par chercher à faire partir, par tous les moyens possibles,  Ali Bongo du pouvoir. Voilà pourquoi les Forces de l’Ogooué par ma voix, avaient apporté leur soutien total aux vaillants soldats qui avaient tenté, en janvier dernier (7 janvier 2019 ndlr), de mettre un terme à l’humiliation des Gabonais au travers d’un coup d’Etat. Nous continuerons d’encourager ce type d’initiative jusqu’à la chute des Bongo. Nous appelons d’ailleurs l’armée gabonaise et ses vaillants soldats à prendre leurs responsabilités afin que soit mis fin aux souffrances de leurs compatriotes.

Monsieur Curtis MABIKA, Gabon Analytics ne peut laisser encourager la lutte armée, encore moins la violence qui n’a jamais rien changé en bon. Pensez le cas du Vénézuela, des hommes sont descendus dans la rue, cela n’a rien donné. En Syrie, le président Bachar s’est maintenu au pouvoir malgré une longue guerre armée qui a emporté 360 000 âmes, contraint 5 millions de Syriens à l’exode, confinés 5 millions d’autres syriens dans les camps de réfugiés. Peut-être convient-il de parler davantage des moyens pacifiques de lutte.

 CURTIS MABIKA : (Silence) Les voix démocratiques étant verrouillées au Gabon, par quels autres moyens pensez –vous que les gabonais, qui ont exprimé leur dégout pour ce régime à maintes reprises par les urnes, puisse mettre fin à la dictature des Bongo ? Pourquoi allez-vous chercher des exemples aussi loin de nos frontières, en la Syrie et au Venezuela, alors qu’il y a bien les cas du Burkina Faso et de la Tunisie, pour ne citer que ceux-là, qui sont bien plus proches du Gabon et qui ont été des exemples de révolutions réussies dans la mesure d’où il y a eu un changement au niveau de la tête de l’Etat.

Nous reviendrons peut-être un jour sur cette question. Pour l’heure poursuivons. Le combat pour faire du Gabon un véritable Etat démocratique est donc long, et chacun, où qu’il soit peut être utile à cette lutte. Je pense que dans un pays où les libertés individuelles sont aussi restreintes que le nôtre, il est important que certains parmi nous mènent ce combat depuis l’extérieur.

Je crois néanmoins que pour porter le coup fatal à Ali Bongo et son régime, notre présence au Gabon est indispensable. Non pas parce que nous aurions la potion magique qui ferait partir Ali Bongo et son staff, mais parce que nous répondrons, par notre présence sur le terrain à un appel de la patrie. Nous pensons en effet que le pays nous appelle. Le pays appelle ses valeureux fils pour le délivrer du joug de la dictature.

Existe-t-il à cet effet une démarche dans ce sens ?

CURTIS MABIKA : Dans ce sens, avec des amis de la Diaspora de Grande Bretagne et de France, nous avons mis en place le mouvement politique « Les Forces de l’Ogooué ». Il s’agit ici de la première étape d’un processus qui nous conduirait inéluctablement vers un retour définitif au pays. J’envisage ainsi prendre part, de manière active et sur le terrain, au débat politique national.

Dans le cadre des Forces de l’Ogooué nous pensons que le système actuel où tout est centralisé n’a pas de réel impact sur le développement des provinces, des départements etc. Nous militons ainsi pour que chaque région du Gabon soit indépendante du gouvernement central dans la gestion de son économie. Ceci devrait être rendu possible grâce à l’institution des gouvernements locaux dans chaque province. Lesdits gouvernements auront une autonomie budgétaire et des prérogatives sur leur gestion économique voire politique.

Cette politique favorisera l’éclosion d’une économie locale au niveau des provinces. Chacune des provinces se prendra ainsi en charge et assurera son propre développement grâce à une enveloppe d’environ 2% du budget national versée chaque année par le gouvernement central en plus des activités locales génératrices de revenus. Le tout,  entièrement géré de manière autonome par les autorités locales. Cette décentralisation totale rendra nos provinces et départements plus attractifs et limitera l’exode rural grâce à un développement effectif de l’arrière-pays gabonais

Votre partie politique va-t-il prendre une part active à la vie politique du Gabon,  en participant par exemple aux élections de 2019 ?  Avez-vous des ambitions personnelles dans la Ngounié ou dans l’Ogooué-Ivindo puisque vous êtes aussi de Mékambo ?

CURTIS MABIKA : D’un point de vue politique je n’ai aucune ambition personnelle, pour l’instant, sur un plan local, c’est-à-dire dans le département de la Zadié. Par contre dans le cadre du mouvement politique les Forces de l’Ogooué, nous comptons jouer un rôle lors des prochaines consultations électorales sur toute l’étendue du territoire, Mékambo y compris.

Je voudrais préciser que je suis très attaché à mes origines mékamboise. A ce titre je n’ai point besoin de contrepartie pour m’engager dans le cadre du développement de cette localité. Je ne saurais, non plus, prendre pour prétexte le fait de vivre à l’étranger pour ne pas agir en faveur de Mékambo.

Cela reste quand une vision politique de la gestion de la chose publique. Mais, la pauvreté est un élément qui fausse l’expression de la démocratie au Gabon, les électeurs ou même les leaders politiques monnayent leurs voix ou leurs soutiens politiques à tel ou tel autre candidat ou groupement politique. Quelle initiative engage « Les Forces de l’Ogooué » afin d’inverser ce bais que l’on croise dans les démocraties fragiles comme celle du Gabon ?

CURTIS MABIKA : A partir du moment où ce qui est, aujourd’hui,  nommé « égalité des chances » est conditionné aux accointances mafieuses qui veulent que l’on jure fidélité au PDG ou que l’on fasse allégeance à son Distingué Camarade avant que de pouvoir bénéficier d’une nomination ou même de trouver un emploi digne de ce nom et de s’y maintenir, il devient difficile pour les nombreux Gabonais qui ne se reconnaissent pas en ce système de s’accomplir d’un point de vue professionnel.

C’est pourquoi, face à la précarité, certains compatriotes soient emmenés à poser des actes aussi graves que monnayer leur vote. Ignorant que cette attitude condamnable pourrait contribuer à les maintenir dans l’extrême pauvreté.

Chacun étant libre d’opérer ses choix en fonction de ses intérêts, il serait difficile de venir à bout de ce fléau.

Que proposez-vous concrètement ?

CURTIS MABIKA : J’en viens. Néanmoins, la mise en place d’un fichier électoral fiable, les campagnes de sensibilisation, la formation des scrutateurs, le durcissement des conditions du vote par procuration sont autant de mécanismes qui pourraient être mis en place, avec les mesures répressives, pour contribuer à réduire les risques fraude électorale.

Merci Monsieur Curtis MABIKA d’avoir accordé cette interview  à « Franc-parler du Samedi Politique » sur  Gabon Analytics.com.

(Cliquez ici pour aussi Lire les propositions de Curtis MABIKA sur la Contribution de la Diaspora au Développement du Gabon)

 

 

 

 

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