VOUS ETES ICI
ACCUEIL > BUSINESS > DECIDEURS > Livre. Pr MENGUE ME ENGOUANG dégaine contre la fabrique mafieuse des milliardaires

Livre. Pr MENGUE ME ENGOUANG dégaine contre la fabrique mafieuse des milliardaires

GANAL – Libreville, PAR TANGUY OTOUNGA. Avec pour titre « Les Finances Publiques du Gabon », le livre du Pr Fidèle MENGUE ME ENGOUANG (Notre Photo. Ici dédicaçant son livre) actuellement en vente à la Maison de la Presse (Libreville) donne les clés pour comprendre comment l’argent public a été détourné des circuits de l’État et permis l’émergence d’une classe spontanée de milliardaires au Gabon. La machine à fabriquer des milliardaires. A lire absolument !

Se présentant sous le visage angélique de réformes pour la performance de l’administration des Finances et du Budget, la machine à fabriquer les nouveaux milliardaires gabonais s’est d’abord attaquée aux mécanismes mis en place pour contrôler les deniers. Ainsi, parlant du contrôle administratif, le Pr Fidèle MENGUE ME ENGOUANG dénonce le fait qu’il soit aujourd’hui fondu dans la direction générale des Finances publiques. S’agissant des marchés publics, c’est « cette direction générale qui donne les marchés publics, c’est encore elle qui contrôle l’exécution des marchés publics. On ne peut pas être juge et partie ».

 Des administrations de contrôle volontairement  étouffées dans l’œuf

A coté du flou orchestré dans le contrôle des deniers publics, il y a le fait d’étouffer dans l’œuf le fonctionnement des administrations « qui sont supposées  mener des missions de contrôles sur tel ou tel aspect de l’exécution du budget ». C’est le cas de l’Inspection générale des Finances qui n’a jamais été opérationnelle. « Ce qui est cocasse c’est qu’on a des Inspecteurs de Finances qui bénéficient des multiples avantages au plan salarial. Mais nous n’avons pas une entité qui est l’Inspection générale des Finances et qui se déploie sur le terrain, dans les administrations pour exercer ces contrôles », a déclaré Pr MENGUE ME ENGOUANG à Gabon Analytics.com.

L’inspection générale n’ayant jamais existé en tant que telle, la machine a pompé les sous publics a pu librement entrer en action pour assouvir les desseins d’enrichissement vertigineux des nouveaux milliardaires gabonais. « Voilà une administration qui est sensée exister, qui a des agents qui ne servent strictement à rien. On ne peut pas dans ce cas parler d’un contrôle efficace », déplore le Professeur agrégé de Droit public.

Siphonnage d’un  budget déjà mal exécuté

Interrogé sur la faible exécution des finances publiques, autour de 20 à 30 %, le Professeur de Droit public explique qu’il ne faut pas s’attaquer aux Ministres. « Je ne vois pas un ministre qui dit, je ne veux pas consommer l’intégralité de mon budget. Ni un ministre qui dit je veux le plus petit budget », précise Fidèle MENGUE ME ENGOUANG.

Quant à ce que des projets de développement, pourtant inscrits dans les Loi de Finances n’aillent pas à leur terme, l’auteur du livre ‘’ Les Finances Publiques du Gabon’’ croit «qu’entre les priorités qui sont affichées dans la loi de finances qui est votée et les priorités qui sont réellement celles des ministres dépensiers qui reçoivent des instructions de qui vous savez, il y a un grand décalage. Parce que je n’ai pas l’impression que le budget que l’on vote c’est vraiment le budget que l’on veut exécuter. Je crois que le budget qui est voté est un budget d’affichage. Et le budget qui est exécuté est le véritable budget »,  a  dit  Fidèle MENGUE ME ENGOUANG à Gabon Analytics.

Budget d’arrière boutique contre budgets de séduction

Comme quoi, pour parachever le système de prédation des deniers publics mis en place, il y a le volet « visage d’ange du budget » pour ne pas attirer la curiosité de la communauté internationale. Autrement dit, il y a un budget que l’on présente au Fonds Monétaire International, à la Banque Mondiale et aux autres partenaires au développement, différent du vrai budget. « Il y a quelqu’un a parlé de budget papier et le budget argent. Le budget papier c’est le  budget que l’on veut montrer à l’opinion, à nos partenaires pour dire que c’est un état volontariste.  A la fin les moyens sont affectés vers autres choses », a-t-il conclu.

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

HAUT