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Total Gabon, comme un bateau ivre qui ne respecte plus les procédures RH


GANAL – Libreville, PAR CYPRIEN BOKHANI. A Port-Gentil, tout le monde ou presque pouffe de rire au passage d’Henri Max Ndong Zué, directeur général de Total Gabon (de face sur notre photo saluant le ministre du Travail) qui a fini par faire profil bas. Était-il nécessaire que le ministre du Travail Nkoghe Békale intervienne pour que les dirigeants gabonais de la filiale du grand groupe français entendent raison sur le respect des procédures des Ressources Humaines ?
Une chose est sûre, après avoir bombé torse et biceps, la  filiale du géant français du pétrole n’en pouvait plus du bras de fer qui l’opposait à la puissante Organisation Nationale des Employés du Pétrole – ONEP. Ce bras de fer musclé qui écorne aujourd’hui l’image de Total Gabon dure depuis bientôt 5 mois, date du licenciement, par Total Gabon de six de ses employés. Les choses sont rentrées dans l’ordre, le vendredi 23 novembre 2018, suite à la médiation du ministre du Travail Julien Nkoghe Békale, saisi par Total Gabon en vertu de l’article 361 du Code de travail. Mais comment une si grande entreprise ait pu tomber si bas ?
Comment apprend-on que Total Gabon s’est fourvoyé dans sa précipitation à licencier ses employés.  Début octobre 2018, après avoir constaté que les interventions du ministre gabonais du pétrole, Pascal Houagni-Ambourouet n’accouchaient pas des résultats escomptés, Henri Max Ndong Zué va saisir le ministre du Travail. Le 10 octobre 2018, Julien Nkoghe Békale reçoit à son cabinet, le directeur général de Total Gabon, ses collaborateurs, en face desquels se tenaient, visages de syndicalistes fulminants, le secrétaire général adjoint de l’ONEP, au côté duquel se tenaient quelques braves soldats de son bureau.
Dix jours après ce tête à tête, c’est-à-dire le 20 octobre 2018, le ministre Nkoghe Békale va auditionner les employés congédiés par Total Gabon qui, dans ses justifications, avait estimé qu’en prenant part à la grève organisée par l’ONEP, les six licenciés auraient endommagé « les installations de production ». A l’écoute des personnes incriminées, il ressort que la direction générale de Total Gabon s’est rendue coupable d’un abus d’autorité, en plus de confondre vitesse et précipitation. A preuve, Total Gabon « n’avait même pas épuisé toutes les procédures internes à toute décision de licenciement. Ne seraient-ce que l’étape de la convocation préalable n’a pas été ouverte », souffle une source.
Plutôt que de s’arrêter là, Total Gabon va multiplier les erreurs de procédures. Selon les mêmes auditions, quatre (4) employés étaient simplement innocents. « Les pauvres n’avaient posé aucun acte ou commis aucune faute de nature à mériter un licenciement », commente une source officielle. Constatant la légèreté avec laquelle Henri Max Ndong Zué et ses collaborateurs de la Direction  des ressources humaines ont licencié les six employés, le ministre Nkoghe Békale a tranché net : « il faut réintégrer les quatre employés », a ordonné au directeur général de Total Gabon, affaibli par le constat de ses erreurs.
Le rétropédalage a été vite fait. Quatre des six employés privés de leurs salaires pendant 5 mois, torturés psychologiquement ont été invité à reprendre leurs postes. C’est dire la direction générale de Total Gabon qui qualifiait « d’irrévocable » sa décision de licenciement, a finalement plier l’échine, prise en sandwich entre la pression croisée du ministre du Travail et celle exercé sur le terrain de la production pétrolière par l’ONEP. Laquelle organisation avait clairement averti que « tant que les employés abusivement licenciés n’étaient pas réintégrés» le travail ne reprendra pas.
Gagnant en lucidité, Henri Max Ndong Zué a reconnu, face contre sol, que « les auditions menées par Monsieur le ministre du travail ont permis d’établir les responsabilités des uns et des autres. Nous sommes donc arrivés à la conclusion selon laquelle certains collaborateurs n’étaient pas directement impliqués dans les faits qui leur étaient reprochés », a-t-il marmonné au micro de Gabon Analytics.
Combien de travailleurs sans syndicat de défense aussi puissant que l’ONEP subissent-ils injustement les affres des employeurs comme ceux de Total Gabon ? Certainement pas nombreux.

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