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Un juge absent, "une "lacune" qui en introduit une autre : Mborantsouo et 7 juges suspects


GANAL – LIBREVILLE, PAR TANGUY OTOUNGA. En modifiant l’article 13 par le rajout d’un alinéa, la Cour Constitutionnelle a voulu, dit sa présidente, résoudre « une lacune ». Plutôt que la résoudre, cet alinéa introduit une autre lacune… La Rédaction de Gabon Analytics.com a aussi constaté qu’un autre juge constitutionnel était absent lors de la délibération. Une absence qui nourrit des suspicions.
 Le 14 novembre 2018, la présidente de la Cour Constitutionnelle, constatant, suite à la saisine du Premier ministre, que « l’article 13 » de la Constitution gabonaise contient « une lacune qu’il convient de combler », y a rajouté un alinéa ainsi libellé : « en cas d’indisponibilité temporaire du président de la République pour quelque cause que ce soit, certaines fonctions dévolues à ce dernier, à l’exception de celles prévues aux articles 18, 19 et 109, alinéa 1er, peuvent être exercées, soit par le Premier ministre, sur autorisation spéciale de la Cour constitutionnelle saisie par le Premier ministre ou un dixième des membres du gouvernement, chaque fois que c’est nécessaire ».
Sauf qu’en évoquant « des lacunes qu’il convient de combler », la Cour Constitutionnelle, en ajoutant cet alinéa, a ajouté   » une lacune » supplémentaire.  Le nouvel alinéa ne précise pas  combien de temps durera « l’indisponibilité temporaire » contenue dans l’alinéa ajouté par les Neuf juges de la Cour. Pierre-Claver Maganga Moussavou « président par intérim » va jouir de cette habilitation de  » président » désigné par la Cour pendant combien de mois : six mois ? Un an ? Deux ans ? Jusqu’à la fin du mandant ?
Mme Mborantsouo responsable des lacunes depuis 1990 
La présidente de la Cour Constitutionnelle est, en grande partie, responsable des « lacunes » que soulève aujourd’hui l’institution qu’elle dirige. En effet, Marie Madeleine Mborantsuo a participé à l’élaboration de la Loi fondamentale en 1990, avec certaines personnalités politiques parmi lesquelles : Joseph Rendjambé, Pierre Agondjo Okawe, Simon Oyono Abah, Serge Mba Békalé, Isaac Nguema. « Nous travaillons de nuit comme de jour sans recevoir le moindre Per diem, portés par le seul idéal de faire de notre pays un Etat de droit.», avait-elle soutenu dans une interview accordée à Jeune Afrique.
Le neuvième juge constitutionnel, pourquoi était-il absent ? 
Autre lacune constatée sur le document portant Décision désignant « Manganga Moussavou » comme président par intérim, l’absence du nom du neuvième juge de la Cour.
En effet, la dernière page du document rendant officielle cette décision, ne mentionne que huit des neufs juges constitutionnels. Est-ce une simple omission lors de la saisie ? Le juge manquant n’a-t-il pas pris part à la délibération ?
En fouillant dans les archives de la Cour, on découvre que Christian Bignoumba Fernandes, juge constitutionnel, né le 7 février 1959 à Tchibanga dans le Sud du Gabon, ne figure pas parmi les présents. Si l’on ignore tout des raisons de son absence, on sait en revanche que ce juriste de formation est reconnu par tous ses paires pour son franc-parler et son humeur imprévisible.
On en saura peut-être davantage dans les prochains jours sur les raisons de l’absence de son patronyme sur la liste des juges constitutionnels qui se sont octroyés la liberté des mots de la Constitution qu’ils sont amenés à proteger.
 

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