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DECRYPTAGE. Bulletin médical du président Ali : les 6 couacs du porte-parole Ike Ngouoni


 GANAL – Libreville, la Rédaction. Le discours de M. Ike Ngouoni Aila Oyouomi, porte-parole du président de la République, n’a visiblement pas convaincu grand monde, si l’on s’en tient au millier de commentaires désobligeants publiés sur sa propre page facebook, juste en dessous de la vidéo postée, à deux reprises sur son mur. Fidèle à sa ligne éditoriale, Gabon Analytics.com a tenter de décrypter les raisons des effets boomerang de cette communication.
Mais auparavant, retour sur les grandes articulations de cette allocution.

 
 Partie I. LES FAITS, LE DISCOURS. IkE Ngouoni Aila Oyouomi, porte-parole du président de la République a fait, ce dimanche 11 novembre 2018, une communication officielle sur « la conclusion du dernier bulletin médical communiqué par l’équipe médicale» d’Ali Bongo Ondimba, chef de l’Etat gabonais, hospitalisé depuis le mercredi 24 octobre 2018, à Riyad, suite à un « malaise » et des « vertiges persistants ».
Dans son allocution télévisée sur Gabon 24, dupliquée quelques secondes après sur les réseaux sociaux, le porte-parole de la Présidence a déclaré que « les informations sur l’état de santé de Son Excellence sont extrêmement rassurantes », que l’Etat de santé du chef de l’Etat s’est « très sensiblement amélioré », qu’aujourd’hui « le chef de l’Etat est dans une phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques».
Sur les causes de ce « malaise » et « vertiges persistants », Ike Ngouoni a ajouté que « les premières explorations ont permis de constater un saignement ». Selon lui, l’équipe médicale estime que «le président de la République amorce donc une phase de récupération très encourageante. S.Exc. Monsieur Ali Bongo Ondimba, président de la République, chef de l’Etat continue d’exercer ses fonctions. Les institutions de notre République fonctionnent donc aujourd’hui parfaitement, dans le strict respect de la Constitution ».
 
PARTIE 2 : LES COUACS DE LA COMMUNICATION PRÉSIDENTIELLE DE NGOUONI
 DICTION ET DÉBIT DES PAROLES.

  • Le Porte-Parole a donné l’impression de courir après le temps, de lire vite son  »prompteur ». Un réalisateur de journaux télévisés estime que la vitesse du prompteur qui contenait le texte (puisqu’il regardait un peu vers le haut et le mouvement des yeux le trahissait), le déroulement du texte sur le prompteur a été de nature à «contraindre le porte-parole à ne pas poser le ton solennel qui sied à la nature de cette communication médicale. C’est pourtant dans la diction et le débit qu’il aurait dû transmettre cette assurance quant à la santé du chef de l’Etat qu’il a voulu bien exprimer ».

 

  • LE LEXIQUE MÉDICAL.
  • Combien de médecins sur une centaine, passés par des facultés de médecine, utiliseraient le jargon comme le ‘’saignement ’’, ‘’saignement’’ pour désigner « une hémorragie », a questionné un médecin interne au CHUL. Le lexique et les termes médicaux utilisés dans le dernier bulletin médical a soulevé, chez certains intellectuels gabonais, des doutes sur la sincérité, la qualification ou la compétence médicale technique des rédacteurs dudit bulletin. Le Porte-Parole va devoir convaincre l’opinion sur cette question dans les prochains jours.

 

  • LE TRAVAIL DU ‘’CHEF’’ A RIYAD.
  • Jusqu’à preuve du contraire Ali Bongo Ondimba reste encore le président de la République, Chef de l’Etat. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Si  le porte-parole voulait affirmer le fait qu’Ali Bongo Ondimba est et reste en Fonction, comme pour répondre aux journaux comme le Monde Afrique qui a questionné Marie-Madeline Mborantsouo, présidente de la Cour Constitutionnelle sur prétendue  »vacance du pouvoir », il aurait été souhaitable de le faire autrement ou simplement de se taire.

Dire que « le président de la République, chef de l’Etat continue d’exercer ses fonctions », pourrait ouvrir la porte à d’autres débats et amener d’aucuns à se dire «où examine-t-il les parapheurs de la République ? ».
Or, puisque « le chef de l’Etat est dans une phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques », le président de la République étant un être humain et non un robot qui peut travailler étant malade, « une simple affirmation qu’une période de convalescence lui est nécessaire aura largement suffi, que cette convalescence n’entamera en rien le bon fonctionnement des institutions de la République. Cela aurait été plus digeste», commente un psychologue, enseignant à l’Université Omar Bongo. Lequel pense qu’affirmer que le président travaille sur le lit d’hôpital s’apparente à mettre trop de poivre dans une sauce, « ça fait forcement éternuer ! ».

  • LE NON-RESPECT DU CODE DIT ‘’ L’IMPERSONNALITE DES INSTITUTIONS ’’.
  • La communication institutionnelle doit être impersonnelle, au besoin dénuée d’émotions. L’excès des superlatifs comme (« très rassurante », « très sensiblement », etc.) met en exergue les émotions et personnalise l’institution. Du coup, il y a une identification du Porte-Parolat à la personne de celui qui lit le discours, commente notre enseignant. La perception est que  »le caractère impersonnel et atemporel » de l’institution Présidence de la République se dilue. D’où les commentaires sur la page facebook faisant associant cognitivement la « jeunesse du porte-parole à l’institution qu’il incarne ». Conséquence : cela donne du grain à moudre à détracteurs qui attaque le porte-parole sur son expérience la chose publique.

 

  • UN MESSAGE VARIABLE DANS LE TEMPS QUI SÈME LE DOUTE

Le 25 octobre 2018, M. Ike Ngouoni a fait une communication et n’a pas abordé la question de la maladie du « malaise du président de la République ». Il aurait dû prendre le devant, sachant que la situation allait s’emballer car l’absence du Chef de l’Etat allait être très vite constatée à N’Djamena (25 octobre dernier) où il devrait prendre part au sommet des chefs d’État, puis certainement au Mali, à la Foire des Importations de Chine (5 novembre à Shangai), au Centenaire de la Première Guerre mondiale (11 novembre à Paris).
Entre temps, il y a eu la communication du Premier ministre Issoze Ngondet qui qualifie la malaise du chef de l’Etat de « non-événement ».
Réagissant à l’embrasement des réseaux sociaux, sur à la bulle puante lâchée par la journaliste du Washington Post, le porte-parole va varier le contenu de son message, en quelques jours, passant de «fatigue passagère » à  «fatigue sévère », et, hier dimanche,  à « malaise, suivi de vertige et saignement ». Cette variabilité du contenu du message renforce le doute quant à la sincérité du discours officiel. Et vu la variation des explications, le porte-parole aurait, plutôt que de se  »déjuger » successivement, trouver un « fil conducteur » qui associe toutes ces messages en les rendant cohérent, à défaut de laisser le soin à un autre communicant de porter le message.
 

  • MAUVAIS TIMING A L’INTERNATIONAL.
  • La maladie du chef de l’Etat n’est plus une affaire gabono-gabonaise. D’ailleurs, les affirmations les plus alarmistes quant à son état de santé ne sont pas venues des Gabonais, du Gabon mais de l’étranger : journaliste du Washington Post, Vision 4 (télévision camerounaise), Arnaud Sanchez (politicien français), et bien d’autres groupes de pressions et d’influences hostiles à la stabilité des institutions en Afrique, sur lesquels Gabon Analytics.com mène d’ailleurs une enquête en France.

A propos de Timing, a moins d’avoir voulu que cette communication passe inaperçue au niveau international, la date du 11 novembre 2018 était mal choisie. Elle a coïncidé avec deux évènements internationaux. L’un historique (le centenaire de la Première Guerre Mondiale) qui a focalisé les regards des rédactions sur Paris, l’autre commerciale, le « double 11 », consacré aux achats en ligne en Chine et dans le monde.
En fin de compte, il fallait certes s’adresser aux Gabonais qui ne demandent que des faits et actes qui contredisent le déferlement des rumeurs dissonantes venues d’ailleurs sur l’Etat de santé du Chef de l’Etat, mais aussi et surtout, à parler à la communauté internationale. Après coup, c’est des journaux et politiciens internationaux que sont nées les informations ou intox.
Nous ne doutons pas que les officiels sauront tirer avantage de ce décryptage pour les prochaines communications solennelles. C’est pour ainsi dire, la contribution Gabon Analytics.com.

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