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NDOUGOU. L'argent échappe à Ndougou, faute d'organisation

Chargement de bananes

GANAL-Ogooué Maritime, 26 avril 2018 – NOTRE CORRESPONDANT Simon NZONGA. Le district de Ndougou, mamelle nourricière de Port-Gentil ? C’est possible. Les produits alimentaires locaux notamment la banane et le manioc qui sont vendus sur les marchés du chef-lieu de l’Ogooué-Maritime proviennent, en grande partie du département d’Etimboué. Si depuis les années 50, la province s’est accrochée au pétrole, avec la crise économique, les cultivateurs de Ndougou multiplient les plantations. « Avec mes mamans, on a toujours fait des champs pour manger. Mais, depuis que l’ancien gouverneur M. Boguikouma avait parlé de Graine pendant sa tournée ici, j’ai choisi de planter pour vendre », explique Raïssa.
En effet, en 2015, les autorités de l’Ogooué-Maritime ont organisé des campagnes de sensibilisation incitant les populations de Ndougou à s’adonner à l’agriculture. Déjà que les hommes et femmes dudit district connaissent l’activité agricole, les techniques de conduites des plantations, il y a longtemps. ‘’Il faut simplement appuyer régulièrement ces agriculteurs en donnant les moyens’’, souhaite le chef de service provincial de l’agriculture, Magloire Medza Abessolo.
Sur la rive, Agriculteurs et Commerçantes

 
Mais l’essor d’une agriculture professionnel à Ndougou se heurtent à des nombreuses contraintes. D’abord, le transport qui renchérit le prix facturé au consommateur final. En effet, pour partir du district de Ndougou pour Port-Gentil, il faut naviguer durant 12 heures au moins. Dans la pirogue, le régime de banane est taxé à 500 francs, en termes de transport. A la plantation, les habitués l’achètent à 8500 frs cfa. ‘’ Moi, je prends en tonne, ça coute cher’’, se plaint Jean Marie qui était obligé de créer des champs à Ndougou. Du champ au débarcadère, il y a une autre dépense, le transport dans la voiture où le coût au régime varie entre 300 et 500 francs. En bout de chaine, ces coûts cumulés entraînent la cherté des produits agricoles à Port-Gentil où un régime de banane se vend à plus 15 000 francs et le paquet de manioc autour de 10 000 francs.
 
L’activité agricole à Ndougou a généré des emplois indirects. En effet, autour de cette activité, il s’est greffé le travail des dockers qui se frottent les mains à chaque mouvement des commerçants. « Je charge les pirogues depuis 3 ans. Je rentre parfois avec 35 000 francs quand ça n’a pas bien payé », explique Francky, un jeune docker.
Les femmes commerçantes après un sommeil à la belle étoile

CONFLITS HOMME-FAUNE. Les cultivateurs sont aussi confrontés à la destruction de leurs champs par les animaux sauvages principalement les pachydermes. « On dit qu’on ne doit pas tuer les éléphants maintenant on plante pour nourrir les animaux de l’Etat », ironise Georgette. Au nombre des attentes des planteurs, le développement des routes agricoles. « Nous sommes conscients de cette préoccupation qui se présente comme un impératif », souligne le président du Conseil départemental d’Etimboué, Michel Patrice Magoura Mboma. Le débarcadère ne présente pas les conditions de sécurité, malgré l’argent qui rentre dans les caisses du département. La mise en place du Fonds d’initiative départementale arrive comme un sauvetage.
Comme on le voit, il manque beaucoup à Ndougou, pour que son agriculture décolle véritablement et que le district capte les diverses sources de revenu. Un exemple : l’insuffisance des cases de passage pousse plusieurs visiteurs à dormir à la belle étoile. « Je n’ai pas de parents ici, je passe ma nuit-là », soupire Julienne Ampoumet, en montrant une couchette de fortune.
 

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